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Sommaire
FORMULATION DU TRAVAIL

Dans un travail Photolangage, il est demandé à chacun de choisir une ou plusieurs photographies et de prendre la parole dans un groupe. Ce travail est organisé par un ensemble de consignes et cadré par une ou plusieurs questions précises, spécifiques à chaque séance.

Par consigne, nous entendons les indications précises que fournit l'animateur-formateur quant au déroulement du travail, à l'organisation des échanges dans le groupe, à leur durée, à la place des photographies dans les échanges. Des consignes peuvent aussi rappeler les objectifs, l'orientation du travail, les limites fixées aux échanges, la spécificité de la méthode. Des propositions de consignes sont incluses dans ce chapitre. Cf. ci-après " Comment procéder: les différentes étapes. "

La question est la phrase, formulée de façon interrogative ou pas, qui amène au choix individuel de photographies. Elle articule un thème et un type de choix de photographies. Elle peut être présentée sous forme soit affirmative, soit interrogative. Par exemple, " Choisissez une, deux ou trois photographies vous permettant d'exprimer le mieux ce qui vous importe le plus, ce que vous privilégiez actuellement, dans votre travail de formateur ou formatrice " est une question qui peut aussi se formuler sous forme interrogative : " Quel est l'aspect qui vous importe le plus, que vous privilégiez le plus actuellement dans votre travail de formateur ou de formatrice ? Dites-le avec une, deux ou trois photographies. " C'est en fonction du contexte précis de chaque groupe, nombre de participants, lieu et durée, objectifs et contenu de la formation que pourra être élaborée l'expression la plus adéquate.

La formulation de la question est une articulation clé du travail Photolangage. En effet, c'est en formulant la question à proposer que le formateur va cadrer ses objectifs et entrer dans le langage visuel. Comment formuler une question qui fasse appel au positionnement personnel de chacun, à son expérience et non seulement à ce qu'il sait ou connaît, et en même temps suscite une interaction avec des photographies ? Il existe différents types de questions, c'est-à-dire des questions qui vont orienter et cadrer de façon différente le travail du groupe.

Certaines questions permettent de cadrer le travail en délimitant un espace plus ou moins étendu pour les échanges. Ainsi une question peut introduire plusieurs registres, plusieurs directions ou plusieurs niveaux. Cela est possible car le travail Photolangage permet particulièrement l'articulation de différents espaces au sein d'une même tâche. Par exemple, "' Choisissez une, deux ou trois photographiés, vous permettant de vous présenter dans ce groupe, d'exprimer un événement personnel proche ou lointain, et/ou de développer un aspect de votre travail qui vous intéresse particulièrement. " Il importe ici de bien préciser ce qui est demandé à chacun, par exemple, de travailler sur l'ensemble des registres proposés ou sur un seul, de choisir, une photographie par registre ou plusieurs, etc.

Certaines questions font intervenir plus explicitement le temps, l'historicité de l'expérience vécue de chacun. Ici, il s'agit d'introduire une possibilité de jeu, de distance, par rapport au temps, passé, au présent ou au futur. Par exemple, " Choisissez la photographie qui vous permet d'exprimer le mieux votre situation professionnelle dans dix ans, telle que vous pouvez l'imaginer aujourd'hui. "

Il y a les questions à deux volets, celles qui posent d'emblée

l'ambivalence présente dans toute situation et permettent d'éviter les clivages habituels. Par exemple, " Choisissez une ou deux photographies vous permettant de dire ce qui vous attire le plus et ce que vous craignez le plus dans une situation de formation. " Ce type de question peut permettre la prise de conscience de vécus conflictuels et une meilleure compréhension des situations qui en sont à l'origine.

1 Il y a les questions bilan ou évaluation. L'animateur-formateur propose de faire un bilan d'un temps de formation. Chaque participant est invité à exprimer son point de vue en l'associant à une photographie. Par exemple, " Choisissez une ou deux photographies qui vous permettent de dire dans ce groupe ce que vous avez particulièrement apprécié au cours de cette formation. "

La question posée est aussi un élément permettant de cadrer l'implication de participants. Certaines questions sont plus impliquantes que d'autres. Selon le contexte précis du groupe, l'animateur-formateur devra décider s'il propose aux participants une question leur permettant de se positionner plutôt en intériorité ou plutôt en extériorité. Une question impliquante en début de travail de groupe peut être à l'origine d'une attitude de retrait chez certains participants, alors qu'elle peut par ailleurs accélérer la mise en route des échanges dans le groupe.

Le premier test d'une question valable, c'est que le formateur ait envie et soit capable d'y répondre lui-même. Il y a des questions qui n'appellent pas ou ne permettent pas facilement le choix d'une ou plusieurs photographies. Par exemple : " Quel est le système économique qui vous semble le plus juste ? " D'autres questions sont telles qu'il est impossible d'y répondre après une simple réflexion de quelques minutes. Exemple : " Quelle est votre conception du travail ? " Par contre, une question telle que " Choisissez une ou deux photographies exprimant au mieux ce qui est central actuellement pour vous dans votre travail " permet à la fois une réflexion personnelle et un choix.

Une autre caractéristique d'une question valable est d'avoir trait à un contenu qui sera repris dans la suite du travail. Utiliser un travail avec des photographies pour " faire parler " les participants sur un sujet qui les intéresse, simplement dans le but de détendre l'atmosphère sans informer les participants de l'objectif, relève d'une méconnaissance de la dynamique d'un groupe et d'une incompétence de l'animateur-formateur. Il risque fort lorsqu'il voudra ensuite passer à autre chose, au " travail sérieux ", de ne pas être pris plus au sérieux qu'il n'a pris les participants. Il y a aussi de fortes chances pour que le travail Photolangage, dans ces conditions, ne génère que -des échanges type " conversations de salon ".

Dans ce travail avec des photographies, la question posée, à partir de laquelle les participants font leur choix, devient un des éléments du cadre du travail. C'est un repère permettant de contenir d'éventuels débordements, toujours susceptibles d'apparaître dans un contexte pouvant susciter des situations projectives. Dans la mesure où la tâche est délimitée par une question, l'animateur-formateur a la possibilité de ramener à l'attention du groupe la question posée à partir de laquelle s'effectue la tâche.

Dans le cas d'une première expérience de Photolangage pour un groupe, l'animateur-formateur aura tout intérêt à formuler le plus clairement possible l'ensemble des consignes concernant le déroulement du travail. Il importe que les participants n'assimilent pas le travail Photolangage à un test projectif, que chacun ait bien saisi la spécificité de l'outil et que le groupe ait eu le temps de donner son accord pour le travail. Pour cela, le formateur devra présenter avec un maximum de clarification son projet au groupe, en précisant :

- la question posée,
- l'objectif de la réunion,
- les temps prévus pour chaque étape,
- le nombre de photographies à choisir,
- le mode de déroulement des échanges,
- le fait qu'il n'y ait pas de photographies ou interprétations normatives par rapport à la question posée,
- son propre rôle, qui n'est pas d'interpréter les choix et paroles des participants, mais de faciliter les échanges.

On ne saurait trop insister sur la nécessité de formuler explicitement la tâche. Des participants qui auront été sollicités pour participer à des choix sans cadrage en garderont généralement le souvenir très amer d'avoir été manipulés à s'exprimer sans autre objectif que le " bon plaisir " de l'animateur-formateur. L’objectif d'un travail Photolangage ne doit pas être de " choisir une photographie et dire pourquoi ", de " parler pour parler ". Dans une confiance aveugle indûment accordée à l'animateur-formateur, certains participants se laisseront peut-être prendre une première fois. Mais ils risquent fort d'avoir par la suite une attitude très en retrait lorsqu'une prochaine proposition de travail avec Photolangage leur sera faite. On ne peut que leur donner raison. Un travail de groupe est trop important pour ne pas mesurer les dégâts et le gâchis qu'entraînent des consignes de choix sans cadrage thématique par rapport à des objectifs.

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