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Sommaire
TERRAINS ET PRATIQUE DE PHOTOLANGAGE

A - Des publics d'âges et d'horizons divers.
B- Difficultés propres à ce type de travail.
C- Comment l'animateur-formateur peut minimiser ces difficultés.

Le visuel, et par conséquent la photographie, a acquis aujourd'hui un statut d'instrument indispensable en formation. Que ce soit par la dimension multimédias des nouvelles technologies de formation ou plus simplement par l'utilisation en croissance du rétroprojecteur couplé à un micro-ordinateur, visualiser n'est plus synonyme de formation pour publics de bas niveau. Différentes pratiques de Photolangage, se sont développées dans ce contexte de réhabilitation du visuel, articulant travail sur un thème et positionnement personnel des participants d'un groupe.

Paradoxalement, les traditions formatrices - scolaires et universitaires - donnent peu ou pas de place à cette dimension de la formation. Un travail réflexif sur les formes, modalités et processus de connaissance est plus ou moins développé selon les situations, mais l'apprenant est généralement seul avec son expérience de formation, cette transformation interne qui n'est pas qu'un emmagasinement de concepts, d'informations ou d'habiletés mentales. Pour l’un c'est d'abord un nouveau rapport au monde, et cela il a besoin de le dire pour mieux en avoir conscience, et ainsi mieux savoir qui H est et qui il devient. C'est cette possibilité que Photolangage' offre dans un travail de formation.

A - Des publics d'âges et d'horizons divers
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Car la formation d'adultes a remis en évidence l'importance (le l’engagement personnel, de la place du sujet apprenant dans (le formation. Que ce soit au moment de la sensibilisation, (le la compréhension ou de l'acquisition, l’acte de connaître est irrémédiablement un acte d'engagement personnel, de positionnement dans l'existence. Celui qui se forme s'implique forcément dans le travail de formation. Le formateur ne peut jamais remplacer : interne que chaque " formé " se doit d'accomplir pour qti*~id~icnnc toute formation.

D'abord expérimentée avec des publics jeunes, la méthode Photolangage est aujourd'hui utilisée largement avec des publics d'âges et d'horizons divers. Comme cela a été indiqué au début, la méthode qui a été présentée dans Photo-Méthodes s'est surtout développée dans le milieu de la formation d'adultes, depuis le démarrage d'un groupe jusqu'à l'évaluation-bilan d'une action de formation. La méthode est utilisée aussi bien en formation permanente en entreprise, industrie et tertiaire, dans le milieu des artisans, en formation permanente dans les grandes écoles, dans les écoles de formation d'infirmières, dans la formation des femmes à la réinsertion dans la vie professionnelle, avec les personnes âgées, les malades.

En formation initiale, des professeurs de langues ont recours à Photolangage pour l'expression écrite et orale dans le secondaire. Des universitaires s'en servent en psychologie pour travailler au niveau du développement personnel, en gestion pour une découverte des contextes et de l'environnement de l'entreprise, en informatique, en langues.

En animation culturelle, Photolangage constitue un outil précieux pour un travail sur l'autre, l'étranger, la différence. Des jeux spécifiques de photographies ont été mis-en place par certains animateurs-formateurs pour leur permettre de faire un travail en profondeur sur des problèmes, tel le racisme, l'exclusion sociale, la solitude, liés aux différentes composantes de la population française.

L'important dispositif, mis en place depuis une dizaine d'années pour la réinsertion des jeunes ayant quitté le circuit scolaire -sans aucune qualification, a suscité une demande d'outils pédagogiques non scolaires mais adaptés à des publics jeunes. Là aussi des jeux spécifiques de photographies ont été développés (13).

Un travail significatif se fait dans le domaine thérapeutique, avec des adultes (cf. entre autres les pratiques auxquelles il est fait référence dans le chapitre 5). Par ailleurs des études de terrain, pour recueillir les opinions, représentations et positionnement de groupe sur des thèmes ou problèmes permettent le recueil d'informations qualitatives très enrichissantes dans le cadre d'une enquête.

B - Difficultés propres à ce type de travail
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Le travail Photolangage est d'une mise en œuvre relativement peu complexe pour des personnes ayant une formation à l'entretien et à l'écoute. Il risque d'être dangereux s'il est utilisé par des personnes n'ayant aucune formation psychologique ou psychosociologique : risque de dérapage et de conflit, risque de biaiser complètement les résultats par une parole trop affirmée de l'animateur-formateur, entre autres.

Photolangage peut favoriser le travail de groupe parce qu'il en accélère les processus. Mais il peut susciter des difficultés dont il importe que l'animateur-formateur soit conscient afin de pouvoir intervenir en conséquence. Voici quelques difficultés possibles :

- un individu, émotivement pris par sa photographie et ce qu'elle éveille en lui, s'exprime de façon trop explicite et personnelle et dit ce qu'il ne souhaitait pas profondément livrer au groupe ;

- les participants n'écoutent pas la parole de celui qui présente son choix de photographie ; ils se mettent à faire des commentaires sur la photographie, faisant ainsi taire celui qui s'exprimait avant qu'il n'ait terminé ;

- il ne se passe rien, les échanges tournent à vide au bout de dix minutes, chacun ayant rapidement présenté sa ou ses deux photographies ;

- les participants se sentent manipulés par l'animateur-formateur ; ils n'ont pas saisi l'objectif de ce travail qu'ils assimilent à un test psychologique

- l'animateur-formateur cherche à deviner les raisons cachées du choix des photographies par les participants, à agir sur ces choix, à les rectifier ou à les interpréter sauvagement, ces actions sont vécues comme autant de jugements dominateurs par les participants qui se feront peu à peu ou s'exprimeront alors très brièvement.

C - Comment l'animateur-formateur peut minimiser ces difficultés
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Il est demandé à l'animateur-formateur de prendre conscience de l'attitude profonde qu'il a lui-même vis-à-vis du support et de ce type de travail. Seule une attitude déontologique de respect de chacune des personnes permet la sécurité affective du groupe, nécessaire au bon fonctionnement de la méthode. Par ailleurs, les quelques conseils qui suivent ne peuvent remplacer une formation à l'animation et à l'analyse constante, en cours d'animation, de l'ici et maintenant, pour comprendre ce qui se passe réellement au niveau de la dynamique profonde du groupe.

Pour réduire d'éventuelles difficultés, il importe que l'animateur-formateur :

- se familiarise avec les photographies, de façon à ne pas être pris au dépourvu par ses propres réactions à certaines photographies, par ses allergies et préférences personnelles ;

- régule le temps dans le travail du groupe ; il s'agit pour lui d'organiser le temps de façon à ce que chacun prenne, surtout au démarrage, un temps suffisant pour bien s'exprimer et se faire comprendre-,- les participants auront des éléments importants à communiquer s'ils se sentent écoutés et capables de susciter l'intérêt ; c'est là une constante dans toute situation relationnelle ;

- facilite l'expression : il peut s'assurer que la personne a bien dit tout ce qu'elle souhaitait ; pour cela, la question-reflet - reprendre les mots clés de la personne, ou sa dernière phrase - peut faciliter l'expression d'une personne qui n'a pas l'habitude de parler en public ; il est important de ne pas reformuler trop vite, en termes clairs et précis, ce qu'un participant a commencé à exprimer, car cela pourrait l'arrêter dans sa démarche ; or, ce qui est visé ici, c'est qu'il exprime lui-même, le plus complètement possible, sa façon de voir les choses ; l’animateur-formateur peut faciliter cette expression en reprenant l'une ou l'autre question, selon le cas : " Qu'est-ce qui est le plus important sur cette photographie que vous avez. choisie ? C'est seulement après qu'il pourra éventuellement voir si les autres participants ont bien compris ou souhaitent intervenir ;

- soit centré sur l'écoute : ce travail avec des photographies n'est pas d'abord un temps d'apport de connaissances. Si des questions surgissent sur des aspects plus techniques, il est possible de les différer à une étape ultérieure. L'animateur-formateur écoute les différents positionnements des uns et des autres, de façon à
pouvoir découvrir chacun dans son approche spécifique de la question envisagée ;

- revienne à la photographie : les échanges peuvent s'éloigner du sujet ; tel stagiaire peut s'être exprimé très brièvement ou de façon générale ; l'animateur-formateur a la possibilité de repartir de la photographie pour recentrer le débat, et redonner la parole, soit en soulignant des éléments de la photographie qui ont été passés sous silence, soit en rapprochant différents choix.

Photolangage est une méthode de travail en groupe qui prend appui à la fois sur un cadre explicité et organisateur des échanges à l'ensemble des consignes et la question - jet un dispositif médiateur - de l'interne et de l'externe, du privé et du public - pour inviter chaque participant à s'exprimer personnellement. Différents registres, esthétique, fonctionnel, conceptuel, émotionnel, discursif deviennent alternativement ou simultanément des espaces dans lesquels les interactions peuvent se développer et le tissu intersubjectif du groupe se constituer. La présence de l'animateur-formateur devient indispensable pour organiser, cristalliser et réguler, en fonction des objectifs retenus, le travail des différents participants.

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